windfoil - Test du LokeFoil Race 2019

Swipe to the left
windfoil - Test du LokeFoil Race 2019
27 août 2019 49 Views

Présentation 

Après l’Envol, puis le LK1, lokefoil propose désormais un modèle de race dans sa gamme. Ce foil est issu des développements menés avec l’aide de William Huppert, dans le cadre de sa participation aux diverses courses élite foil (PWA, IFCA, France).

Comme Loke dispose déjà d’un foil assez polyvalent et plutôt réputé, le cahier des charges du LK Race était assez clair : une machine sans compromis pour naviguer en mode Up & Down avec des grandes voiles (de 8 à 10m) et des planches très large. Comme on pouvait s’en douter, le résultat est un foil avec un mat de plus de 1m, un fuselage immense, et une aile très puissante. 

Compte tenu du process de production utilisé (RTM) et des moyens de production, loke a préféré rester sur un ensemble Mat / Fuselage monobloc (non démontable). Pour que l’ensemble reste transportable, Loke a opté  pour un design original en réalisant la jonction aile et stab sur une portion de fuselage. Cela permet d’avoir une hydrodynamique très efficace autour de la jonction aile / fuselage, mais a nécessité de concevoir un fuselage très imposant autour de la jonction.

Pour finir, ajoutons que la construction fait appel a une quantité non négligeable de carbone M40J pour garantir une rigidité extrême. En comparaison avec les autres foils du marché, le LK Race se situe clairement dans le groupe de tête se ce critère, avec en particulier une rigidité en torsion phénoménale.

Le Lk Race étant homologué PWA, son design est stabilisé depuis Mars 2019. Seuls quelques détails de construction ont évolué depuis ce moment, dans l’objectif de le rendre plus fiable (en particulier autour de la jonction Aile / fuselage). Les moules définitif sont en cours de réalisation, mais la commercialisation a déjà débuté au tarif de 2700€ (1 aile).

Condition du test

L’objectif de notre test était avant tout d’apprécier le potentiel du foil pour un pratiquant expert mais non compétiteur. Nous avons choisi de mener ces tests sur un flotteur large mais non extrême, à savoir la Starboard Foil 144. En terme d'aile, nous avons utilisé l'aile L, sachant qu'il y a à priori assez peu de différence avec la M.

En terme de voile, nous avons utilisé la Loft Skyblade en 8m2, et la Severn Hyperglide 2 en 9m2

Les tests ont été menés 

  • en Bretagne , spot de l’abet Krach , vent de 6 à 12 knt, plan d’eau plat
  • sur Serre Ponçon, vent de 7 à 18 knt, plan d’eau plat à clapoteux
  • sur La Ciotat, vent de 10 à 14 knt Sud, plan d’eau avec houle 1m

Loke Race

Sur l’eau

Décollage

On ne va pas faire durer le suspens plus longtemps : le Lk Race est à ce jour le foil avec lequel nous avons décollé le plus tôt en terme de force de vent. Entre sa puissance extrême et son caractère très nerveux , nous avons tous les ingrédients pour faire ce de foil une arme d’ultra light. Sur ce terrain, il se permet donc de détrôner nos références que sont le Starboard Race + (aile millenium), Phantom R et le F4 race 2019.

Comme avec les autres foils de sa catégorie (F4 race, Phantom R, NP F4 Racing, Starboard Race), non seulement le loke race décolle très tôt, mais il a immédiatement une glisse très impressionnante. Ainsi, même dans des vents inférieurs à 8 knt, il ne faut que quelques dizaines de mètres (en étant actif évidemment) pour se retrouver à 20knt de vitesse ! Attention, avant que tout  monde se jette sur sa CB en espérant voler dans 5 knt avec 6m2, je précise que ces performances ne sont actuellement possibles qu’avec des voiles énormes (9 ou 10m2), un gréement parfaitement réglé et optimisé (mat), et une technique de pumping très aboutie avec ce type de matériel. Vous vous doutez bien que cette puissance extrême nécessite des réglages et des équilibres parfaits pour être exploitable et contrôlée.

Stabilité

Comme tous les foils de race, le Loke ne déroge pas à la règle et offre une conduite ultra stable, très bloquée. C’est la seule solution pour permettre de contrôler à la fois un flotteur encombrant et un gréement gigantesque. Une fois n’est pas coutume, je ne vais donc pas décomposer le comportement sur les 3 axes. Disons que ce comportement est quasi identique aux foils cités ci-avant. Je vais plutôt m’attacher à décrire les différences de sensations ressentis.

Comportement

La première sensation évidente qui ressort des tests du loke, en comparaison avec ses concurrents, est son caractère nerveux voir fougueux. L’un de mes acolytes de test a eu un qualificatif assez parlant retrouve : il l’a comparé à un ‘taureau fougueux’ : de la puissance et de la nervosité jusqu’au bout des cornes ! Dans les faits, ceci se traduit par des réactions vives et intenses à la moindre erreur de la part du pilote. Ainsi, si des foils comme le F4 Race ou le NP F4 Racing vont plutôt gommer vos erreurs, ne comptez pas sur le loke pour vous faire une fleur !  En fait, on retrouve beaucoup de points communs avec le LK1 en terme de feeling. Les yeux fermés, on a exactement cette même sensation de rigidité mais de nervosité. On ressent plus que d’autres foils les déformations de la structure, mais on sens que ce sont des déformations de très faible amplitude (raideur très importante), avec un retour au neutre extrêmement rapide.

Ce comportement n’est pas rassurant au départ, mais compromet finalement assez peu le contrôle. Ainsi, le Loke reste étonnement gérable dans des conditions de houle bien formée .. alors que l’on s'attendait à se faire vite désarçonner après notre premier test sur le plat. Sa force : même si on ressent les déformations de la structure, celles-ci sont tellement faibles qu'elles ne mettent pas en défaut la conduite du foil.

La 2e sensation qui caractérise le Lk Race est son énorme puissance verticale et latérale.

Verticale, cela veut dire que l’aile génère une portance monumentale, à même de maintenir en l’air n’importe quel gréement de 9 ou 10m. Evidemment, c’est le caractère qui lui confère cette telle capacité à voler dans l’ultra light, mais aussi à boucler un gibe en l’air quasi à l’arrêt. En contrepartie, il faut régler les straps assez en avant (d’ou l’intérêt de la Starboard 144) et toujours garder de la pression sur le pied de mat (appui vers le bas dans le harnais). Lors de notre test en 8m2, j’avais calé le stab avec la plus grosse cale négative, et il faut bien ça pour ne pas sortir de l’eau à la moindre rafale. Pour toutes ces raisons, il est hors de question d'utiliser le Loke race si on n'a pas un minimum de niveau technique en foil et des voiles et flotteurs adaptés.

Puissance latérale : le mat du loke est un véritable « mur ». Cela participe clairement à son décollage très précoce car cela rend le pumpig avec les pieds très efficace. On a un appui franc et massif qui permet d'optimiser les mouvements de pumping et le rendement de la voile. En contre partie, il est essentiel d'associer le loke avec des flotteurs très puissants, si vous ne voulez pas y laisser vos chevilles. Notre Foil 144 de 87cm de large est clairement un minimum : ce foil est avant tout conçu pour s'associer aux flotteurs de course jauge PWA (91cm).

Dans le vent

Quand on teste le Lk Race dans le light, on a du mal à s'imaginer comment il peut être gérable dans le vent ! La réponse est simple : "près serré". Et oui, n'oublions pas que ce foil est conçu pour un format de course Up&Down. Bien évidemment, calé contre le vent en mode cap extrême, le contrôle se fait sans trop de problème. Je l'ai ainsi emmené jusqu'à presque 20knt en 9m (en serrant les fesses quand même !). Idem au grand largue : le fait de faire chuter le vent apparent permet des descentes quasi vent arrière sans se faire éclater.

Dans ces conditions, j'ai par contre bien du mal imaginer utiliser le Lk Race sur des bords travers ... à moins de franchement baisser en voile, mettre le wish tout en bas, avancer les straps à fond .. et fermer les yeux ;) Le problème, c'est qu'avec une petite voile, il n'y a plus grand chose pour  mettre du poids sur le nez du foil .. ça peut vite devenir sport cra il ne cherche qu'une chose : sortir de l'eau.

Au cap

Comme c'est l'allure favorite de ce type de foil, nous l'avons confrontés à ses consurrents directs sur des parcours carrés. Avec notre niveau technique, nous avons globalement tiré partie du loke dans toutes les phases de vent léger, où sa puissance permet systématiquement de prendre l'avantage sur les autres. Il a une telle aisance dans ces conditions que cela peut vite devenir énervant pour les autres. Par contre, quand le vent prend des tours, nous avons eu plus de mal à transformer cette puissance en vitesse, et les F4 , Starboard et Phantom sont repassés devant. 

Au (grand) largue

En mode descente au vent, le loke fait encore une fois parler sa puissance et sa capacité à tenir en l'air avec très peu de vitesse. Il permet mieux que les autres de passer les molles, tout en gardant une allure très proche du vent arrière. Ce n'est pas toujours payant en terme de VMG, mais ça pemet des fois de passer quand les autres vont poser.

Dans la houle, son très grand mat permet de surfer avec une certaine aisance en touchant assez rarement.

Loke Race

Bilan

Si j'ai été un peu long sur la description des sensations ressenties sur le Lk Race, c'est que l'on a clairement ici un foil qui ne laisse pas du tout indifférent. A condition d'avoir un équipement cohérent avec le foil, il y a de quoi prendre son pied dans des conditions un peu spécifiques. Ce foil bouscule nos références en décrochant par exemple la palme du décollage le plus précoce. Par contre, ce n'est clairement pas un foil "de tous les jours" pour naviguer travers avec les potes dans un peu de vent. Homis situation un peu exceptionnelle, et si on ne fait pas de la course, il me parait compliqué de n'avoir que ce modèle pour naviguer. Par contre, si vous avez des moyens 'importants' et que vous pouvez vous offrir un deuxième foil pour les conditions marginales ou pour découvrir du pays, c'est un (très) sérieux client !

Ce post vous a paru intéressant ou utile ? Retournez l'ascenseur en soutenant nos actions de développement du Windfoil

#lokefoil, #Test, #2019 Posted in: Windfoil