Windfoil - Test Starboard Carbon Foil Race et GTS

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Windfoil - Test Starboard Carbon Foil Race et GTS
26 juillet 2017 5378 Views 4 comments

Après quelques semaines d'utilisation du foil en configuration SLALOM, il nous tardait de tester de façon approfondie les versions GT et RACE.

Pour rappel, nous avions fait 3 bords avec le GT sur la planche FOIL 147 Technora avec un résultat un peu en demi teinte à cause du poids de la planche. Cette fois, nous testons sur une vraie board de foil (la Elix F1X en l'occurrence), et une configuration un tout petit peu différente puisque ce n'est pas un GT à proprement parler mais ce que nous appellerons le GTS (GT avec mat de 95cm au lieu du 85cm)

Conditions de test

Baie de St Florent et Sant'Amanza

Vent : 8-15 knt

Voile RS:Flight 7.8, V8 6.7, RSR Evo 9 7.8, RSR Evo 9 6.4 (merci Michel pour tes voiles :) )

Flotteur : Elix F1X

Carbone Foil GTS

En configuration GTS, il faut environ 8 knt pour être parfaitement à l'aise. Le décollage est assez progressif et dès les premiers mètres, on retrouve le côté très sain apporté par le mat très rigide. Dans cette configuration, on a un foil équilibré (straps à fond devant et pied de mat à 135 sur la Elix) et réactif. La stabilité latérale est une référence, alors que la stabilité longitudinales est intermédiaire entre un Vini et un AFS2. On est aussi un cran au dessus de la configuration SLALOM de ce côté.

Dès notre vitesse de croisière atteinte, il est facile de gérer l'assiette et on n'a aucune difficulté à éviter des sorties d'eau : le foil ne génère aucune surpuissance pied avant qui pourrait être gênante. Il faut vraiment être surtoilé pour que le phénomène apparaisse, mais je dirai qu'il survient un peu plus tard qu'avec beaucoup de foils (à l'exception du NP Carbone).

Pour autant, les capacités de décollage à basse vitesse restent excellentes sans sacrifier la glisse. Car c'est là l'un des autres gros points forts de ce foil : il partage avec le NP carbone et l'AFS2 une glisse de premier plan ... devant les Loke et autres Vini, et très loin devant d'autres. Cela donne une sensation de fluidité très agréable.

Je ne reviendrai pas sur les capacités en contre gîte qui en font LA référence actuelle de ce côté (on attend avec impatience la confrontation avec le Select ProFOIL F1 !). Dans cette position , les accélérations sont juste un vrai kiff, d'autant plus que le contrôle apporté par la rigidité Mat / Fuselage est excellent. Plus on navigue, plus on mesure l'importance de ce paramètre ... et l'écart avec certains foils moins aboutis ou plus anciens quand la vitesse devient importante.

Au travers et au largue ... voir au vent arrière, aucune vibration parasite, aucun mouvement gênant : difficile de faire plus serein ! .. pour l'instant.

J'ajoute juste que cette configuration GTS permet de jouer facilement sur la hauteur dans le gros clapot généré par les bateaux sillonnant la baie. Merci au mat de 95 : un très gros plus quand on est sur un plan d'eau un peu agité. Précisons toutefois que lors des sorties d'eau avec un peu de vitesse, et comme avec le NP F4, le foil starboard raccroche facilement en général sans décrochage ... on évite la plupart du temps la gamelle.


Carbone Foil RACE

La configuration RACE (grande aile, grand fuselage, petit stab) est la dernière que j'ai eu l'occasion de tester. J'avoue qu'elle m'a un peu surpris (et pas en bien au départ) car je n'avais pas mesuré les conséquences de ce choix.

Bien que cela puisse sembler curieux, cette configuration est radicalement différente de la GTS. Mon premier test s'est fait dans un vent irrégulier entre 8 et 18 knt, et disons le tout de suite : ce n'est pas adapté à ce type de conditions ! Je me suis retrouvé dans les rafales avec un appui jambe avant quasi ingérable sauf au près très serré ... le bord de retour au largue a été ponctué de 2 jolies sorties d'eau et une belle boite !

Fort de ceci, le test suivant s'est fait dans 6-10 knt en 7,8 et là, les choses sont bien différentes. Le décollage est plus facile qu'avec le GTS car on a plus vite de la puissance sous le pied arrière au pumping. Par contre, dès que ça accélère, ça monte vite très haut et il est difficile de redescendre ou de gérer la hauteur. Sur la Elix, j'ai été obligé de tout mettre devant (pied de mat et strap) pour trouver un équilibre entre 6 et 10 knt. Au delà, on se retrouve encore très vite en surpuissance pied avant. Ma conclusion : l'effet déporteur du stab monté sur le fuselage race est trop important avec des flotteurs dédiés très courts et très légers devant. Fort de cette théorie, j'ai inséré 2 rondelles pour diminuer l'incidence du stab, et ça change la donne effectivement. Cette fois, j'ai pu garder la configuration RACE jusqu'à 15knt en 7.8 avec un ensemble gérable ... et sans constater de perte dans le très light. Pour les propriétaire de boards plus longues (planches de slalom, freeride ou Starboard FOIL 147), les rondelles ne seront pas utiles et pour le coup, il va être parfait en standard dans les conditions très light, y compris avec des grandes voiles.

Une fois le bon réglage trouvé, j'ai pu explorer les capacités de l'ensemble et il ressort

  • des minis exceptionnels (je pense objectivement avoir dépassé ce que j'arrivais à faire avec le Vini en XLW - ma référence) : quasi impossible de le faire se poser une fois lancé ... sans pour autant mettre une aile énorme qui traine de l'eau. En plus, je suis maintenant le Dieu de Michel (dixit) qui ne voulait pas croire que l'on pourrait voler dans 6-7 knt ... hahaha : trop fier ;)
  • par rapport à la configuration GTS, on a un cap bien plus important ... je pense même que j'ai dépassé ce que j'étais parvenu à faire avec le RS:Flight F4
  • un comportement très sain même avec des grandes voiles (7,5 à 8,5)

Au final, ce foil race est atypique et attachant. Il a une plage d'utilisation plus courte que la moyenne en standard, mais un réglage du stab, et les options disponibles (GTS, SLALOM) permettent d'étendre ses possibilités de façon quasi illimitées. Je vais refaire des tests comparatif plus poussés, mais il devient à ce jour la référence sur 2 critères (la navigation dans l'ultra light même avec des grandes voiles, et les capacités de remonté au vent). Il montre surtout que la longueur de fuselage, en dehors de la stabilité lontidudinale, a également une grosse influance sur l'effet déporteur (bras de levier oblige, c'est assez logique) et les capacités dans le très light.

Le Starboard Race dans 15 knt

Ci dessous une petite trace GPS qui donne une idées des capacités de remontée au vent du Carbone Foil RACE sur 2 bords

Le foil Starboard avec le temps

Après 7 semaines d'utilisation et à peu près 25 sorties, petit retour sur la fiabilité du Starboard. Il me paraît important de faire un point car l'utilisation de l'aluminium et de la jonction Mat / Fuselage a fait couler beaucoup d'encre.

Pour ce qui est de la corrosion : aucune trace observée à ce jour ... et pourtant je ne l'ai pas rincé à chaque fois ... loin de là (pas bien, Eric !). Par contre, je l'ai démonté à chaque fois (et des fois plusieurs fois par session pour tester les différentes combianisons).

Pour ce qui est des ajustements, aucun jeu n'apparait pour l'instant dans la jonction Mat / Fuselage. Il peut sembler un peu fastidieux de mettre les 7 vis à chaque fois, mais cela assure une très bonne fiabilité de la liaison.

Je précise par contre qu'il est important de très bien serrer toutes les vis. J'ai eu au départ plusieurs dé-serrages (heureusement sans aller jusqu'à la perte) et l'un de nos client a déjà perdu 2 vis. Je fais plus attention désormais, mais avec le temps, les inserts qui traversent le fuselage bougent un peu dans leur logement, et il devient difficile d'avoir un très bon serrage car cela tourne dans le vide d'un côté quand on serre de l'autre. Je conseille de vous équiper de 2 clés torx pour bloquer un côté quand on serre de l'autre (une seule fournie).

J'étais également très favorable à la mallette fournie pour le transport. A l'usage, elle est très pratique et protège parfaitement le foil, mais les mousses internes mériteraient d'être un peu plus rigides et mieux collées. A l'usage, les mousses vieillissent un peu trop vite à mon gout. C'est un point à améliorer mais le principe est parfait !

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Hervé Sarrasin 24 septembre 2018 at 10:34
Bonjour Eric et à toute l'équipe ! Tout d'abord un grand merci pour ces rapports précis et objectifs. J'y retrouve beaucoup des éléments que nous partageons avec Alex (Starboard) sur le club de St. Georges de Didonne. Je suis d'autant plus intéressé que je vais bientôt passer du Horue Vini au F4 carbone de Pryde. Mais une chose m'interpelle ; il s'agit du soin à apporter au serrage des diverses vis inox sur nos foils ! Il y en a de plus en plus et leur rôle est capital. Aucun biker n'imaginerait partir sur un trip sans avoir vérifié le serrage de sa potence par exemple à la clé dynamométrique. Et là je fais la proposition de nous rapprocher de nos collègues bikers qui sont confrontés au même problème que nous ; à savoir serrer de manière optimale des pièces carbone par essence fragiles de manière sûre et répétitive. Il s'agit d'appliquer systématiquement un couple donné ; oui, mais lequel ? Je conseille, sous contrôle des amateurs éclairés d'appliquer 8 Nm à toute la visserie de 6 mm en inox en ce qui concerne le boitier Tuttle et les liaisons mât-fuselage et 6.5 Nm aux ailes et stabs. J'applique ces valeurs de manière systématique et après plus d'une centaine d'heures en foil Horue, tout est parfait. Je n'ai constaté aucun desserrage ni aucun impact du couple sur les pièces carbone. Je rappelle que le jeu consiste à respecter en tout premier lieu la résistance des pièces en carbone, d'où les valeurs indicatives proposées qui sont inspirées du monde du bike carbone mais également en respect naturellement de la résistance admissible de notre boulonnerie inox ou même titane (mon choix). Donc, à vous la clé dynamométrique ; il en existe de très simples et absolument fiables chez les shops spécialistes du Bike ! Bons vols !
Eric COLLARD 24 septembre 2018 at 10:34
Bonjour Hervé, Ton commentaire est très pertinent ! Comme tu dis, on fait ça au jugé pour l'instant, mais cela pourrait être dommageable à long terme sur nos joujoux préférés. Je vais poser la questions aux marques quant aux indications de serrage, et voir du côté des clés dynamométriques.
Clement BERARD 24 septembre 2018 at 10:34
Bonjour, J'ai ce foil en version team set. J'utilise une clef dynamometrique, reglée a 7Nm, on pourrais serrer plus fort certaines vis mais je pense que c'est inutile. Apres une petite dizaine de sortie, pas de desserage costatés. En ce qui concerne le 4 vis courtes de la liason mat fuselage il faut dabord approcher les vis d'un coté avant de serrer le deuxieme coté, sinon l'insert se deplace de sont logement. Bon vent,
jerome Dubois 24 septembre 2018 at 10:34
Pour alimenter la question du serrage et surtout du déserrage, pour ma part je "noie" ma visserie systématiquement avec du frein bleu ! Etanchéité assurée et absence de déserrage.... (foil NP plu et Lokefoil)