Windfoil Strapless

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7 mars 2020 163 Views

Une nouvelle fois, grâce à notre fidèle contributeur en la personne d'Hervé, découvrez une nouvelle facette de la prarique Windfoil. On lui laisse la parole ....

L'évolution

C'est avec un vif plaisir que je voudrais vous faire découvrir en quelque sorte un véritable « trésor caché ». Nous avions beaucoup échangé avec Eric et son équipe sur le sujet des straps en début de progression ; il apparaissait alors que la suppression des straps arrière pouvait contribuer à faciliter la progression car le pied pouvait alors librement être positionné, sans à-coup et sans risque de s'éclater les orteils. Il est vrai qu'au début, on est un peu sur les dents...

Mais avec la recherche de vitesse, de caps, de perfs, on a une tendance naturelle à reléguer cette configuration aux oubliettes et on fonce « full straps »...

C'est après trois années de pratique « standard » avec différents types de foils, mais essentiellement de la famille « race » que l'envie « d'un flotteur nu » m'est venue, de manière tout à fait naturelle, partie par curiosité, partie par insatisfaction à différents titres des dits straps. Je reconnais qu'il est presque instinctif, surtout quand on a beaucoup pratiqué la planche « classique » de chausser des straps... Seulement voilà, au fil de la pratique, il m'est apparu à de multiples reprises que ces « foutus » straps auraient dû d'un jour à l'autre et parfois durant une même session être déplacés. Je voudrais un coup avoir les avant un cran devant ou bien les arrière qui étaient bien positionnés pour les conditions de la veille un peu rentrés... Bref, une sorte d'insatisfaction permanente liée en partie à une certaine sorte de perfectionnisme un peu dicté par un foil extraordinaire mais exigeant comme le Loke race.

Comme le mentionne Eric, il est vrai que la pratique « hybride » qui consiste à conserver les avant et à positionner les arrière en position rentrée permet de se « sécuriser » devant et de voler parfois le pied arrière hors straps, notamment au près serré. Cela démontre précisément le besoin plus ou moins marqué de se libérer au moins en partie des straps...

Alors me direz-vous, comment faire le pas pour ne pas être perdu. J'ai commencé par supprimer les arrière, puis j'ai remplacé les avant par des demi-straps (sorte de crochets ouverts). En une session la décision était prise et tout strap à bord disparaissait !

La découverte du « strapless »

C'est avec une petite appréhension que l'on se lance pour la première fois avec un flotteur dont le pont semble avoir été littéralement rasé ! Plus un poil de strap à bord ; ça a même une drôle de tête, sans parler des copains qui se foutent un peu de toi...

Mais le premier contact à réserver aux conditions light et un plan d'eau propre est étonnamment sécurisant. Il faut être honnête, les pieds vont naturellement venir se positionner à proximité immédiate des ex-straps et du coup l'accroche des chaussons (indispensables) sur les zones de pad est sans faille. C'est un point très important. La sensation première est la liberté de mouvement lors du décollage où le jeu de recul pour faire « poper » le flotteur peut être ample à souhait, rapidement suivi d'un recentrage des appuis pour contrôler le vol. Une fois en vol, on découvre quasi instantanément la concrétisation en fait de ce que l'on recherchait ; le trim continu. C'est le point capital de la pratique strapless ; le pied arrière et/ou le pied avant peuvent être finement déplacés, parfois d'un pouce ou deux seulement pour réguler le vol. Et ce trim ne concerne pas que l'axe longitudinal (avant-arrière) du flotteur mais également l'axe transversal (pieds plus ou moins rentrés) en liaison avec l'allure désirée (plus ou moins abattue par rapport au vent) mais également en fonction de la force du vent. On devient une sorte de danseur au pas glissé ; les variations d'appuis sont discrètes, progressives et infinies dans les deux axes.

Alors que j'avais développé différentes astuces pour monter des Chiken-straps là où le constructeur avait fait l'impasse (platines carbone), le jeu des largues et grands largues devient libre lui aussi et peut naturellement être ajusté au poil près pour obtenir toujours l'efficacité optimale en vol pour la trajectoire désirée.

Les gros plus 

Nous venons de voir les deux éléments de fond, à savoir une aisance au décollage court et un trim continu sur les deux axes.

Mais au fil de la pratique, on est amené à découvrir un autre avantage de taille ; c'est le caractère désormais bénin des chutes. S'il n'y a pas plus de chutes, ces dernières sont à la limite amusantes car si vous commettez une faute, vous êtes éjectés de votre flotteur sans aucun mouvement de rotation du gréement vers l'avant avec les conséquences que l'on connaît car le corps est libre et file à l'eau direct ! L'effet catapulte a disparu. Il suffit juste de bien garder son wish en mains.

Très bien pour rincer la combi sans risque pour le nez de la planche mais, oh surprise, alors que l'on pourrait penser ne pas pouvoir « performer » autant qu'en configuration classique, voilà que l'on se prend au jeu de la contre-gîte au près ; j'aurais pensé obtenir une polaire dégradée. Eh bien non, voici d'ailleurs une des perfs réalisée récemment en Exocet RF91 strapless dans une quinzaine de nœuds de vent :

voir PJ

Depuis, il m'a été possible de reproduire des VMG (Velocity Made Good), c'est à dire des vitesse de remontée au vent de 10 kts et même parfois un peu plus.

Mais la véritable « botte secrète » de cette configuration est bel et bien l'exercice simplifié de l'airjibe. Comme le montre cette polaire, l'airjibe devient courant car intuitif. Vous ne devez plus engager avec la précision d'un horloger votre pied avant dans le strap du nouveau bord (...) ; dansez au rythme de votre trajectoire et vous maintiendrez facilement le vol. Le jeu de pieds est libre ; tout le pont est à vous (n'exagérez tout de même pas) ; restez sur la partie arrière ! Blague à part, cette aisance nouvelle au jibe est du même type que la liberté de jeu d'appuis pour un décollage court.

J'ajouterai à ce stade un point particulier ; le trim au surf. C'est une phase grisante où le trim est plus avant que la normale, ne serait-ce que par le fait que la vitesse monte dans les tours. Là encore, la totale liberté du pied avant qui est le pied maître pour bien contrôler l'assiette du flotteur permet de dominer le sujet de manière instinctive et sans aucun à-coup. Fluidité, plaisir intense et beauté de l'exercice sont alors au rendez-vous !

Enfin, je dois avouer que les constructeurs n'ont pas toujours le chic de positionner parfaitement les inserts de straps. J'en veux pour preuve que le contrôle régulier au fil des sessions de la position de mes pieds montre qu'en ligne de vol stabilisée, je suis dans la grande majorité des cas (sauf dans le très light) le pied avant légèrement devant l'insert le plus avant alors que le pied arrière en fait pratiquement de même et ce avec un pdm relativement avancé... Il est vrai aussi que le Loke race est une belle bête qualifiée de fougueuse par Eric et que je n'utilise qu'une des deux cales fournies pour faire piquer le foil, mais tout de même.

Herve strapless

Conclusion

Je suis devenu accro ; cela ne m'empêchera pas de revenir de temps à autres à une pratique classique. Je ne prétends en rien défendre plus cette pratique qu'une autre. Je voulais simplement vous faire découvrir (ou confirmer pour certains) que le feeling en vol est sublime, que pour les différentes raisons que j'ai développées, c'est une pratique qui apporte beaucoup de liberté, de finesse et à la fin et c'est bien l'essentiel, beaucoup de plaisir en vol !

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