Caques de ski racing - Normes et réalité

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Caques de ski racing - Normes et réalité
22 septembre 2016 3547 Views

Le casque est obligatoire en compétition de ski alpin au même titre que la dorsale. Obligatoire oui, mais faisons le point sur la protection offerte.

Les obligations réglementaires

GS / SG / DH

Il est requis un modèle de casque répondant aux 2 normes ASTM 2040 et EN1077/A. EN complément, le modèle de casque doit passer un test supplémentaire mené conformément à la procédure de test EN1077 mais mené à 6.8m/s au lieu des 3.84m/s de la norme.

La conformité doit être attestée par un label spécifique fixé de manière permanente sur l’arrière du casque et mentionnant le texte suivant « Casque conforme aux spécifications FIS RH 2013 »

SLALOM

Il est requis un modèle de casque répondant aux 2 normes ASTM 2040 et EN1077/B (vitesse de 2.71 m/s)

Les casques comptant des couvertures d’oreilles en matériaux souples sont autorisés

Les casques répondant aux standards supérieurs peuvent également être utilisés en SL

Un casque sauve, jusqu'à un certain point

Il est impensable de skier dans un tracé de slalom sans protection, mais en quoi consistent exactement les tests attestant de la protection offerte ? Surface de couverture du crâne, résistance à la pénétration et énergie du choc tolérable transmise à la tête (l’énergie non absorbée par la couche EPS) sont les trois principaux critères d’attribution des normes.

Les normes SKI EN 1077 A et B, américaine ASTMF 2040

La surface du crâne couverte par le casque est définie précisément pour couvrir, plus que d'autres casques (escalade, rando) la partie arrière et latérale du crane. Les tests de chocs consistent en des projections verticales d’une fausse tête casquée à certaines vitesses, sur plan horizontal pour tester l’absorption, sur plan conique pour la pénétration.

Test d’absorption des chocs

Une fausse tête casquée de 5kg est projetée à 5,42 mètres par seconde sur un plan horizontal, soit à environ 20 km/h (cela correspond à une chute libre de 1m50 de haut environ). Deux impacts sont effectués, selon des axes dirigés vers le centre de gravité de la tête, distants d’au moins 10 cm. Compte tenu de la cinétique, c’est la résultante de l’accélération subie par la tête au moment du choc qui en évalue la violence et qui est mesurée. La norme EN 1077 exige que cette accélération ne dépasse pas 250 g, où g est l’accélération de la pesanteur à la surface de la Terre.

Test de résistance à la pénétration

Même principe, la fausse tête casquée est projetée sur un obstacle anguleux (60° au sommet) avec des vitesses moindres (14 km/h pour les casques normés A, 10 km/h pour les casques normés B). Les normes EN 1077 et ASTM F 2040 exigent l’absence de contact obstacle/tête. Ce test est répété 3 fois sur un même casque, avec des points de chocs espacé de moins de 10cm.

Norme RH 2013

Comme précisé plus haut, la FIS renforce la norme EN1077, en imposant un test de pénétration à 6.8 m/s soit environ 25km/h

Conclusion

250 g est une énorme accélération dans l’absolu (25x celle encaissée par un pilote de chasse). Néanmoins subie sur la durée très courte du choc – de l’ordre de 15 millisecondes – elle reste à peu près supportable pour le corps humain dans ce laps de temps, mais peut provoquer, selon la médecine, de graves lésions internes au cerveau, en particulier chez les plus jeunes. Toutefois, en fonction de l’élasticité du support sur lequel le choc se produit (du rocher à la neige poudreuse), cette résultante peut baisser notablement.

Néanmoins, on retrouve globalement pour les casques de ski actuels une problématique évidente : tous les tests sont menés à des vitesses bien inférieures à ce qui peut être observé en course : à haute vitesse – de l’ordre de 40 à 60 km/h pour les skieurs engagés – les chocs à la tête entraîneraient également des blessures au delà des séquelles cérébrales, aux cervicales, à la colonne vertébrale. Soyons clair : les tests proposés par la norme ont le mérite d'exister mais ne reflètent que très partiellement la réalité.

De même, les tests de pénétration et d'absorption mettent en œuvre 2 et 3 impacts respectivement. Nous savons tous que l’absorption d'énergie passe par une dégradation partiel du matériaux absorbant (c'est cette dégradation qui absorbe le plus d'énergie). Le test à 2 impacts est donc très peu réaliste quand on imagine le nombre d'impacts subis par un casque au cours d'une saison (piquets, chutes, transport).

Norme et produits

Les casques commercialisés avec l'étiquette RH2013 respectent tous cette nouvelle norme. En changeant de casque pour cette nouvelle norme, vous constaterez tous que les casques sont plus épais et encombrants : le seul moyen économique de passer le tests de pénétration à 6.8m/s. En effet, le test exigeant qu'il n'y ai pas de contact tête / obstacle, on accepte une déformation plus importante de la coque en augmentant l'épaisseur de la mousse interne.

Pour nous, c'est l'absorption du choc qui pose le plus gros problème et on ne peut pas dire que la norme soit très exigeante à ce niveau, c'est le moins qu'on puisse dire (lire le paragraphe précédent) ! Au final, on se dit que cette nouvelle norme va dans le bon sens, mais qu'elle n'est pas assez contraignante, et qu'elle sert plutôt à la FIS à se donner bonne conscience.

C'est pourquoi un certain nombre de marques (peu nombreuses malheureusement) proposent des systèmes d'absorption dépassant largement la norme (que ce soit sur l'intensité ou la répétabilité), mais au prix de l'utilisation de matériaux couteux (POC Orbic Comp, SHRED Mega Brain RH etc.). Ceci a une réelle efficacité, mais le budget va en conséquence. Eh oui, la sécurité a un prix !

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#RH 2013, #Racing, #Conseil Posted in: Ski